Une vie passée dans les années 1810 à Paris.

Extraite d’une chronologie de vies pour une femme de 40 ans

Vous étiez une femme qui vivait à Londres. Vous n’apparteniez pas à la bourgeoisie, vous étiez venue d’Écosse pour trouver du travail comme domestique dans la capitale, car une de vos cousines y vivait déjà. Vous êtes installée chez elle, elle avait une bonne place dans un magasin de mode et vous vous êtes faite engager à ses côtés comme « magasinière », c’est-à-dire que vous exposiez les tissus, les coupiez et éventuellement les livriez à la clientèle. Ce n’était pas une vie qui vous plaisait et Londres n’était pas un endroit où vous souhaitiez rester. Vous avez donc décidé d’aller tenter votre chance en France après avoir suffisamment travaillé pour économiser votre voyage. Vous êtes allée à Paris, où vous aviez entendu parler du luxe qui y régnait. Effectivement, la vie y était plus légère et plus facile et vous avez rencontré quelques jeunes femmes très élégantes. Elles se prirent d’amitié pour vous et vous ont présenté à des « amis ». Vous n’aviez pas vraiment compris ce que ça signifiait, c’étaient des jeunes gens, et des moins jeunes, qui cherchaient la compagnie de jolies filles pour les accompagner dans des fêtes – voire plus, si affinités.,

Bien sûr, au début, vous vous refusiez à aller plus loin avec eux, mais vos amies vous expliquèrent que si vous étiez « gentille » avec eux, ils vous donneraient de l’argent et des cadeaux. Vous aviez le choix : ou continuer à vivre dans le luxe, où chercher un travail, qui ne vous permettrait pas de vivre convenablement, et certainement pas de la manière qui était devenue la vôtre depuis quelque temps.

Aussi, vous avez accepté de devenir la maîtresse d’un de ces messieurs, vous avez choisi un homme séduisant et très galant. Malheureusement, au bout de quelques temps, il se lassa de vous et vous avez dû trouver un autre protecteur, bien moins séduisant celui-là. Et cela devint un cercle infernal. Finalement, vous avez préféré quitter Paris avec les quelques économies que vous aviez faites et vous êtes retourné en Angleterre.

Malheureusement, la situation avait changé avec l’avènement du nouveau roi. Et il y avait de plus en plus des positions anticatholiques, faisant peser sur une partie de la population du pays, de la gêne et la suspicion. Vous aviez été élevée dans le culte catholique, même si vous n’étiez pas pratiquante et vous n’étiez pas la bienvenue à Londres.

Vous vous êtes rapprochée d’un groupe d’Irlandais catholiques et vous être partie avec eux en Irlande. Parmi eux, vous avez fait la connaissance d’un homme, un veuf d’une cinquantaine d’année et vous vous êtes établie dans la ferme de sa famille avec ses grands enfants et votre belle-mère. Dès lors, votre vie a été une vie laborieuse de femme au foyer.

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