Extrait d’une chronologie de vies prédominantes

Dans les années 1780 en Angleterre. Vous étiez une femme qui vivait à Londres. Vous étiez la fille d’un Lord et d’une de ses servantes. Vous aviez été élevée malgré tout dans la maison de votre père, car celui-ci, s’il ne pouvait pas épouser votre mère, ne reniait pas sa paternité. Ensuite vous avez été envoyée dans une école pour jeunes filles de bonne famille, car votre père voulait une meilleure vie pour vous et il avait l’intention de vous doter confortablement plus tard, au moment de votre mariage. Vous avez appris les bonnes manières, la musique, les arts et le français, ce qui fit que votre père vous envoya en France, car il avait des amis à la cour de Louis XVI et cela vous permettrait d’accéder à un échelon du Monde que vous ne pouviez pas atteindre en Angleterre.

Vous avez été bien accueillie et la maîtresse de maison vous prit comme demoiselle de compagnie. Ainsi, vous suiviez de loin les péripéties de la Cour, car vous n’y étiez pas admise de par votre position. Mais malgré tout, vous rencontriez des gens de la cour quand ils visitaient votre maîtresse. Elle vous emmenait pour parfois à l’Opéra avec elle, car elle vous aimait comme sa fille. C’est ainsi que vous avez rencontré la Reine quandelle s’y rendait incognito et vous avez particulièrement sympathisé avec Madame de Polignac qui était son amie intime.

Portrait de Marie Antoinette dans une robe rouge

La Reine Marie Antoinette

Vous rêviez d’aller à Trianon, mais bien que Marie-Antoinette fût relativement libre d’esprit, vous ne pouviez toujours pas être admise à la cour. Quand la Révolution débuta et après le départ de de Madame de Polignac, vous êtes restée attachée à la reine que vous ne connaissiez qu’à peine mais vous vous êtes engagée du côté des royalistes et vous serviez de messagère entre les conspirateurs et les femmes de chambre de Marie-Antoinette en portant parfois des missives à ses partisans qui cherchaient à la libérer.

C’est ainsi que vous avez rencontré un des royalistes qui essayaient de sauver la monarchie. C’était un jeune homme de petite noblesse, qui était très actif dans la défense de la royauté et qui fréquentaient les clubs révolutionnaires, pour y glaner des informations. Les mœurs se libéralisant, vous pouviez l’accompagner dans l’assistance. Au début, il ne s’agissait que de votre « mission » commune, mais après un moment, vous êtes tombée amoureuse de lui. Lui ne vous considérait que comme une bonne camarade.

À la mort de Louis XVI, votre père qui s’inquiétait pour vous et qui vous réclamait à corps et à cris depuis plusieurs mois en Angleterre, vous intima de rentrer. Mais vous ne pouviez pas vous résoudre à quitter votre aimé. Après la mort de la reine, celui-ci dut quitter Paris car il était recherché et sur le point d’être arrêté. Vous lui avez proposé de partir en Angleterre avec vous, et il accepta, ne comprenant toujours pas de quelle nature était votre intérêt pour lui.

Le voyage fut très difficile car vous n’étiez ni l’un ni l’autre des républicains de bonne souche, mais malgré tout vous avez réussi à regagner l’Angleterre. Bien entendu, votre père devina tout de suite votre sentiment envers le jeune homme et il s’imagina que votre amour était partagé, voire plus… Il mit le jeune homme en obligation de vous épouser, mais celui-ci en fut très surpris et refusa, arguant qu’il aimait une jeune fille à qu’il était fiancé, ce que vous ne saviez pas. Vous en avez été anéantie et votre père fut furieux, d’autant qu’il imaginait qu’il y avait eu des « contacts physiques » entre vous.

Bien entendu, le jeune homme dut repartir en France d’urgence et vous vous avez été envoyée chez une des sœurs de votre père dans le Nord du pays avec ordre de vous garder dans ce manoir. Elle vous présenta un gentilhomme du pays, qui était veuf et qui consentit à vous épouser malgré la différence de rang, principalement à cause de votre dot. Vous, vous n’en vouliez pas et vous vous êtes enfuie en emportant les bijoux de votre tente. Vous avez réussi à regagner Londres où vous vous êtes installée et où vous avez retrouvé des émigrés français que vous aviez connu à Paris. C’est ainsi que vous avez rencontré un époux à votre convenance et vous êtes devenue une femme de lettres. Vous teniez un salon littéraire, votre mari qui occupait un poste au Palais de White Hall, vous laissait très libre de vos mouvements.