Dans les années 1770 en France, vous étiez un homme, un médecin qui était au service d’un aristocrate parisien. Par « au service », entendez que vous effectuiez des recherches scientifiques financées par ce seigneur, qui était un homme du Siècle des Lumières, un homme « éclairé », ainsi qu’on le disait à l’époque.

Vous faisiez particulièrement des recherches en alchimie, non que vous cherchiez à changer le plomb en or, mais la manière de soigner les malades dits « lunatiques ». Vous aviez approché le docteur Messmer et assisté à plusieurs de ses expériences. Le magnétisme animal était alors très en vogue et le seigneur pour qui vous travailliez était très intéressé par ce phénomène. Il y voyait une avancée de la science et vous avez pu mener des expériences à l’hôpital Sainte-Anne. Mais vous n’aboutissez pas à grand-chose, sinon à obtenir des révélations de certains malades sur l’avenir qui sont confirmaient par la suite.

Le seigneur que vous serviez, bien qu’étant aristocrate, se piquait de sciences occultes et appartenait à une loge maçonnique. En fait, il utilisait vos découvertes comme étant ses propres travaux qu’il exposait devant ses pairs, sans mentionner jamais votre nom. Vous n’en étiez pas spécialement offensé dès l’instant où il restait honnête vis-à-vis des connaissances acquises, c’est-à-dire qu’il ne les transformait pas en spectacles de foire.

Il fut mis en relation mis en relation avec Cagliostro et ce dernier se montra plus qu’intéressé par ses « travaux ». Il voulait que qu’ils comparent leurs connaissances et travaillent ensemble dans le même but. Le seigneur fut un peu interloqué et gêné parce qu’il ne pouvait pas vraiment expliquer les travaux qu’il menait. Cagliostro l’invita chez lui pour lui faire une démonstration de son savoir et le seigneur en fut tellement impressionné qu’il décida de lui dire la vérité sur ses travaux et lui en révéla le véritable auteur, c’est-à-dire vous.

Cagliostro voulut alors vous rencontrer et vous avez travaillé un moment avec lui, mais vous vous êtes aperçu que celui-ci n’était pas très honnête quant à ses activités et truquait souvent ses démonstrations publiques pour se faire valoir aux yeux du monde. De plus, Cagliostro fut soupçonné d’avoir pris part à l’affaire du Collier de la Reine, et même s’il n’y avait de preuves tangibles contre lui, cela vous mettait, vous aussi, dans une fâcheuse position. Vous ne vouliez pas être mêlé à des pratiques qui allaient contre vos idées et de plus risquaient de ternir votre image, vous avez donc décidé de quitter Paris.

Vous êtes parti dans le Berry, qui était réputé pour être un lieu mystique et vous êtes installé comme médecin dans un petit bourg. Là, personne ne vous connaissait et vous ne côtoyiez que des gens simples. Vous avez eu le temps de vous pencher sur la science des guérisseurs et des sorcières qui connaissaient bien la vertu des plantes. Cela est devenu pour vous une véritable passion et vous vous êtes plongé dans l’étude les « simples » et leurs particularités. Vous avez main la main sur un vieux traité sur la « Théorie des Signatures » qui n’était plus très en vogue, mais dont vous êtes servi pour fabriquer des remèdes basés sur ce principe.

Vous avez vécu tranquillement entre votre vie de médecin et de chercheur. Vous ne fréquentiez que peu de gens et viviez pratiquement en ermite, mais un couple de vos patients étant morts de la typhoïde, vous avez recueilli leur jeune garçon et vous l’avez élevé comme votre fils