Une vie passée dans les années 50 en Italie

Extrait d’une chronologie de vies pour un homme de 42 ans

Vous étiez une femme qui vivait non à Rome mais dans le nord du pays. Votre famille était originaire de Thrace (maintenant la Bulgarie). Après la conquête des pays méditerranéens par Rome, votre famille quitta la Bulgarie, elle cherchait une position plus intéressante auprès de la civilisation « régnante ».

Votre père s’était engagé comme soldat dans les armées de l’empereur Claude et il l’avait suivi dans plusieurs pays. Il avait pu quitter l’armée et s’installer dans une propriété qui lui avait été donnée en récompense des services rendus à l’empereur. C’était une petite ferme agricole qu’il avait su faire fructifier et, de plus, il avait quelques biens, si bien que votre famille était devenue assez bien nantie. Votre père avait épousé une dame romaine qui elle-même avait quelques biens. Vous aviez deux frères qui, étaient partis à Rome pour faire carrière dans la politique. Grâce à leur argent, ils avaient pu acquérir des charges et ils s’étaient rapprochés de gens importants à la cour de l’empereur.

Vous enragiez d’être clouée dans votre province et vous n’aviez de cesse que de supplié votre père de vous laisser aller à Rome. Mais il ne pouvait en être question, il fallait d’abord que vous soyez mariée. Cependant, un de vos frères plaida votre cause, arguant que vous ne trouveriez pas d’époux digne de vos ambitions (ni de celles de votre famille) dans votre lointaine contrée.

Votre frère vous prit sous sa responsabilité et fit en sorte que vous soyez invitée dans les dîners. Pourtant, nul ne se préoccupait de vous, vous n’aviez pas eu l’éducation d’une jeune fille de bonne famille et vous étiez trop « simple » pour être remarquée parmi les dames romaines, spirituelles et si bien parées. Vous pleuriez tous les jours de dépit et de honte. Même votre frère était mécontent, car vous ne lui faisiez pas honneur.

Il avait une maîtresse très appréciée et très vantée et il lui demanda son aide. Celle-ci n’était pas emballée par cette tâche, elle vous confia à une de ses servantes pour que celle-ci vous dégrossisse.

Vous avez dû apprendre à parler, à vous maquiller ; à porter des robes élégantes et à vous tenir en société. La servante était une esclave, qui avait déjà servi de nobles dames et elle fit tout son possible pour que vous puissiez vous présenter dans les réceptions.

Dès lors, vous êtes devenue amie avec cette femme, qui se conduisait comme une grande sœur, vous aidant à force de connaissances et en fréquentant les lieux de promenade à la mode de Rome. Vous avez été remarquée par un homme qui occupait une place au Sénat, mais vous le trouviez trop vieux et trop gros, simplement votre frère ; lui ; en fut ravi et vous encouragea accepter ses hommages.

Cet homme était un sénateur ; veuf, très riche et très influent. Malgré le dégoût que vous éprouviez envers lui, vous n’avez pas vraiment d’autre choix que d’accepter de l’épouser, mais vous aviez un mal fou à partager son lit. Vous avez pris conseil auprès de la servante qui vous avait éduquée. Vous lui racontiez tout et elle vous suggéra de prendre discrètement un amant.

Comme maintenant, vous étiez reçue partout, vous ne manquiez pas de soupirants, mais en allant au combat de gladiateurs, vous avez été attirée par l’un d’eux, originaire d’Espagne. Il était facile alors de retrouver discrètement un gladiateur après des joutes dans l’arène. Vous l’avez souvent revu jusqu’au jour où il fut vaincu et blessé gravement, vous ne pouviez pas le rencontrer, il avait quitté Rome le temps de guérir ou de mourir.

Vous n’avez pas supporter d’être séparée de lui à jamais et vous avez fait faire des recherches pour le retrouver. Vous avez pu ainsi avoir de ses nouvelles. N’étant plus ne condition de combattre, il avait décidé de quitter le pays et de s’acheter une petite propriété qu’il cultiverait. Vous avez été le retrouver, emportant tous vos bijoux qui vous permettraient de vivre dans une aisance relative, mais avec lui.

L’affaire fit grand bruit à Rome, mais vous n’aviez pas l’intention d’y retourner de toutes façons [note 1]

[note 1] J’ai retrouvé une histoire similaire dans l’une de ses Satires, le poète Juvénal a raillé ces passions incontrôlées : Epia, une épouse de sénateur, abandonna son notable de mari pour suivre un aventurier, Sergiolus, un gladiateur charismatique, malgré son bras tailladé, son nez cassé et son œil poché et l’accompagna jusqu’en Égypte.

J’aurais tendance à penser que dans cette vie, vous étiez la dame Epia, mais peut être il y a t -il eu d’autres cas semblables ..

Consultez nos récentes études dans lesCHRONIQUES
+